Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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lundi 29 mai 2017

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Défi n°187 : L'odeur du flouze

Dômi en superviseur du défi n°187 des CROQUEURS DE MOTS dont l'idée a été dénichée chez Florence testé pour vous nous propose donc une quinzaine autour du flouze, du grisbi, du pèze, de la galette, des biftons, des thunes, du pognon quoi. Pour  les jeudi poésie l'oseille et  "au diable l'avarice".

Ce texte fait suite à celui que j'ai entamé pour miletune ici --->

- Qu'es'qu'tu dis hein ?
- Le père Jules, il a un truc imparable pour son jardin !
- Quoi donc, il a trouvé des Louis d'or ?
- en labourant son champ ?
- Même pas. L'aut' jour il a ramassé ...
- Ne me dis pas que c'est les pièces jaunes de la tirelire de la boulangère.
Mais non, les pièces jaunes c'est pour les enfants malades ...
- Qu'tu dis, tatatata moi, j'pense qu'y en a qui s'en mettent dans les poches ...
- Ben non : Tiens l'aut'jour, 'y en avait un tas de pièces dans une rue de ...
de ...?
- Ch'sais pu mais il parait que ça faisait un sacré paquet de pognon. Ben personne n'a osé y toucher.
- Personne tu dis ? T'es sûre ?
- Les écus ça n'a jamais fait pousser les légumes tous seuls. Ça se saurait. qu'equ'donc qui y fait à ses légumes le père Castor ?
- Le Père Jules ! Ben ... il guette le passage des chevaux 
- Ah bon ?
- Ooooooooooooui !
- C'est tout ?
- Nooooooooon ! Il guette surtout quand il y a du crottin.
- Faut qu'i' fasse vite car l'est pas l'seul. Il va le ramasser et hop, un peu de paille et hop sur son tas de compost.
- Tu l'as d'jà vu avec sa brouette ?

Et patati et patata ...

 


Opération pièces jaunes Clic ---> ; Clic --->
L'argent n'a pas d'odeur, adage origine, significations


dimanche 28 mai 2017

Aujourd'hui c'est la fête des mères

Du moins en France, où la loi du 24 mai 1950 fixe la fête des mères au dernier dimanche de mai (sauf si c'est la Pentecôte, faut quand même pas froisser les chrétiens)
Dans l'esprit de ses auteurs il fallait tourner définitivement la page de ce qu'en avait fait Pétain, lequel avait une conception bien particulière de la famille et de la maternité.

C'est vrai, en 1942, les partisans de la France libre et d'autres dont la fibre patriotique n'est pas trop altérée par la propagande (il y faut une bonne volonté à toute épreuve ou vivre dans sa bulle) peuvent légitimement s'inquiéter de cette quasi-dévotion pour les mères quand il intervient dans un discours en ce jour qui s'implante tranquillement sur initiatives locales depuis au moins le début du vingtième siècle.

Affiche de Félix Régamey, 1906
C'est vrai qu'en 1942, ce discours où Pétain a profité de cette fête des Mères officieuse mais largement suivie pour en faire la bannière de la devise du régime de Vichy, peut légitimement inquiéter les patriotes sincères qui souhaitent une France libre de l'occupation nazie, les humanistes sincères qui voient en la famille l'un des piliers de l'éducation des enfants.

Tout l'art (ou la science) de la propagande qui ne se nomme pas encore communication est dans cette petite phrase extraite de l'intervention du maréchal :

 
« Vous seules, savez donner à tous ce goût du travail, ce sens de la discipline, de la modestie, du respect qui font les hommes sains et les peuples forts.»  

Travail : Ce goût du travail (1)
Famille : Vous seules savez ...qui font les hommes sains (2)
Patrie : les peuples forts (3)

(1) "Ce goût du travail" : ce n'est pas le travail des mères qui est salué, c'est si "naturel" pour elles d'obéir en toute modestie au chef de famille. C'est leur aptitude à le faire aimer.

(2) En deux mots, "Vous seules" il leur attribue l'exclusivité de tout ce que sous-entend le fonctionnement de la famille et en premier lieu la charge mentale de l'organisation de son quotidien. Aux mères l'oikonomia, l'administration du foyer.

(3) "les peuples forts". Aux Hommes la société, la patrie et le patriotisme. Difficile pourtant de faire avaler cette couleuvre en 1942 d'un "peuple fort" à une France plus qu'à moitié occupée et qui le sera bientôt totalement, dirigée par un régime non seulement aux ordres mais plus servile encore que ce que les occupants lui demandent.
Alors ici notons la subtilité du pluriel. Les ? Quels peuples ? Mais ceux que composera la Grande Allemagne, sous la poigne de fer des national-socialistes. Oui je sais on dit et écrit nazi sans réfléchir à l’étymologie. En attendant, encourageons la maternité, cette prodigue fournisseuse de chair à canon pour les amis de l'époque que les vichystes souhaitent voir triompher. Avec la naïveté de croire que les peuples annexés ne deviendront pas alors des peuples de seconde zone. A l'instar, mais c'est une vérité refoulée, des peuples colonisés d'alors.

C'est vrai qu'en 1942, c'est au nom du principe "on ne sépare pas des enfants de leur mère" que des gendarmes et des policiers français, exécutant des ordres des autorités françaises contraires aux demandes des nazis, enverront bientôt des milliers d'enfants principalement juifs dans les camps qu'ils savent ou non être d'extermination. rappelons-nous la rafle du vel d'hiv les 16 et 17 juillet 1942, avant même la fin de la zone libre en novembre 1942 ...



Mais revenons en 1950.
La loi est victime de son contexte :

colonial dans nos empires crépusculaires, frileux pour ne pas dire xénophobe vis à vis des étrangers , venus pour des raisons économiques et ou politiques de l'Europe du sud et de l'est.
Elle s'adresse aux mères françaises. Oui, la loi s'adresse aux mères françaises. Vous avez bien lu.

sexiste. Si les femmes ont eu le droit de vote en 1946, elles sont toujours considérées comme mineures par le droit civil où elles sont sous la tutelle de leur mari (ou du conseil de famille si elles sont célibataires ou veuves ou même divorcées) qui leur donne ou non l'autorisation de travailler. Le père a le droit de prendre seul toutes les grandes décisions. Quant à avoir un compte bancaire en leur nom, vous oubliez, ce n'est même pas envisagé.

A partir des années 1960, cela s'est accéléré après mai 1968, on aurait pu croire que la moitié de la population allait accéder au plein exercice de leur vie d'humain.
D'autant que de plus en plus de femmes travaillent, du moins ont la reconnaissance d'un certain travail salarié ou indépendant ou même entrepreneurial.

J'ai eu vingt ans en 1970 et j'avais bon espoir. Même si la majorité était encore à 21 ans.
Je voyais ici et là des ménages où les tâches étaient mieux partagées. Où les jeunes femmes et les jeunes hommes étaient féministes dans le bon sens du terme, pour une égalité dans la vie comme dans la loi, ensemble et non les uns contre les autres. Une époque aussi où les avancées de la psychologie et de la sociologie et de l'anthropologie laissaient l'espoir qu'entre la psychanalyse et l'eugénisme, il y avait d'autres chemins de savoirs et de progrès des sociétés et des humains.

A-ton baissé la garde ? A-t-on oublié que ces progrès ne pouvaient s'approfondir que par l'éducation, le rabâchage, la vigilance contre les traditions paresseuses ou délétères tout comme le dévoiement de soi-disantes émancipations ?

Que s'est-il passé pour qu'on en soit encore (ou revenu) dans ce que Michel Crozier appelait déjà La société bloquée et que l'on nous a donné à étudier en licence de sciences économiques. Je n'ai adhéré ni à l'analyse ni aux propositions de cet essai à l'époque, mais le titre, sans doute exagéré, (plus alors que maintenant) était évocateur.

Aujourd'hui c'est la fête des mères et je me réjouis du succès de la bande dessinée Fallait demander de la dessinatrice Emma et  bien entendu pas je ne me réjouis pas du tout de ce qu'elle met en évidence.

Charge mentale, un concept né dans les années 1990, popularisé en ce qui concerne les mères grâce à une bande dessinée qui fait le buzz sur la Toile depuis plus d'une semaine, de la dessinatrice Emma invitée du 13 heures de  France2 du mercredi 24 mai 2017

Fallait demander publié sur Facebook
Fallait demander accessible sur son blog


et tout en s'accordant un papotage entre copines, elles continuent à cogiter

Allez, hauts les cœurs et A toutes les mères du Monde

samedi 27 mai 2017

Et patati et patata, pour Mil et Une

Pour miletuneVoir ou non l'image support du jeu d'écriture avant de lire bla, bla, bla,*
Pour l'image de la  semaine 21/2017  où la contrainte supplémentaire et facultative est d'insérer le mot  charivari.
parce que *
Et patati et patata.
Les commérages allaient bon train sur le banc installé depuis peu à la demande de la municipalité. Aucun compère, aucune commère n'aurait admis qu'ils y étaient opposés. Même que le père Jules, il l'avait dit au dernier Conseil municipal.
"Ca va servir aux siestes des fainéants !"
"Ca va être le lieu de rencontre des faignants !"
Le dernier sujet était le grand miroir de route au carrefour de la mare.
Pensez-donc, elle a dit qu'il s'était décroché tout seul lors de la dernière tempête.
- Mouais, on l'a peut'êt ben aidé à s'décroché hein ...
- Penses-tu, même pas besoin. Elle a dit qu'il était tombé au moment où elle passait avec sa voiture. J'te dis qu'elle est louche moi cette elle.
- Qui ça elle ?
- Ben sa voisine l'appelle la vieille sorcière c'est tout dire !
Les commérages allaient bon train et passaient déjà à un autre sujeet.
"Il parait qu'le père Jules, il a une recette spéciale pour faire pousser les légumes de son potager"
Qu'es'qu'tu dis ?
Et le ton montait ...
Tant pour compenser la surdité des commères que pour couvrir le charivari des oiseaux dérangés dans les frondaisons de la glycine.
Jeanne Fadosi, vendredi 26 mai 2017
 sur l'image 17-21 de miletune


à suivre (lundi pour le défi n°177 des CROQUEURS DE MOTS)

* Les mots lus ne sont jamais tout à fait les mêmes que les mots écrits, y compris quand ils sont relus par leur auteur. Les mots impulsés par une image échappent eux aussi, et c'est tant mieux, à un seul déterminisme bi-univoque. Mais il n'est pas gratuit de lire sans voir l'image, ou en l'ayant vu ou en la voyant. Quel que soit votre choix, découvrir l'image support avant ou après, vous ne pourrez remonter le temps pour comparer les expériences.
Le choix de l'une interdit les autres.

vendredi 26 mai 2017

Entre les gouttes

Pour l'herbier de poésie 77 chez Adamante

Cette journée avait été ensoleillée et douce.
Un aller à Paris par le RER sans fausse note. Train à l'heure. A l'heure à mon rendez-vous. Déjeuner sympathique et savoureux.
Une visite au musée Guimet à la découverte de merveilleux kimonos.
Avec une interrogation restée sans réponse. Comment était-on dessous (nu ou avec d'autres vêtements et lesquels ?)
Au retour, le train s'est enfoncé dans le mauvais temps.
Aussi vaillant que le petit cheval de Paul Fort, il m'a mené à bon port.
Me laissant juste apercevoir entre les gouttes, le quotidien morose des millions de voyageurs qui subissent ces trajets tous les jours et par tous les temps.
©Jeanne Fadosi,mercredi 24 mai 2017
pour l'herbier de poésie 77
à voir chez Adamante

P77-apparition
gare de banlieue sous l'orage



jeudi 25 mai 2017

Le Jardinier et son Seigneur, de Jean de La Fontaine

Dômi en superviseur du défi n°187 des CROQUEURS DE MOTS dont l'idée a été dénichée chez Florence testé pour vous nous propose donc une quinzaine autour du flouze, du grisbi, du pèze, de la galette, des biftons, des thunes, du pognon quoi. Pour ce 1er jeudi poésie l'oseille et pour le suivant "au diable l'avarice".


Le Jardinier et son Seigneur

Un amateur du jardinage,
Demi-bourgeois, demi-manant,
Possédait en certain Village
Un jardin assez propre, et le clos attenant.
Il avait de plant vif fermé cette étendue.
Là croissait à plaisir l'oseille et la laitue,
De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet,
Peu de jasmin d'Espagne, et force serpolet.
Cette félicité par un Lièvre troublée
Fit qu'au Seigneur du Bourg notre homme se plaignit.
"Ce maudit animal vient prendre sa goulée
Soir et matin, dit-il, et des pièges se rit ;
Les pierres, les bâtons y perdent leur crédit :
Il est Sorcier, je crois. -Sorcier ? je l'en défie,
Repartit le Seigneur . Fût-il diable, Miraut,
En dépit de ses tours, l'attrapera bientôt.
Je vous en déferai, bon homme, sur ma vie.
- Et quand ? - Et dès demain, sans tarder plus longtemps. "
La partie ainsi faite, il vient avec ses gens.
"Cà, déjeunons, dit-il : vos poulets sont-ils tendres ?
La fille du logis, qu'on vous voie, approchez :
Quand la marierons-nous ? quand aurons-nous des gendres ?
Bon homme, c'est ce coup qu'il faut, vous m'entendez
Qu'il faut fouiller à l'escarcelle. "
Disant ces mots, il fait connaissance avec elle,
Auprès de lui la fait asseoir,
Prend une main, un bras, lève un coin du mouchoir,
Toutes sottises dont la Belle
Se défend avec grand respect ;
Tant qu'au père à la fin cela devient suspect.
Cependant on fricasse, on se rue en cuisine.
"De quand sont vos jambons ? ils ont fort bonne mine.
- Monsieur, ils sont à vous. - Vraiment ! dit le Seigneur,
Je les reçois, et de bon coeur. "
Il déjeune très bien ; aussi fait sa famille,
Chiens, chevaux, et valets, tous gens bien endentés :
Il commande chez l'hôte, y prend des libertés,
Boit son vin, caresse sa fille.
L'embarras des chasseurs succède au déjeuné.
Chacun s'anime et se prépare :
Les trompes et les cors font un tel tintamarre
Que le bon homme est étonné.
Le pis fut que l'on mit en piteux équipage
Le pauvre potager ; adieu planches, carreaux ;
Adieu chicorée et porreaux ;
Adieu de quoi mettre au potage.
Le Lièvre était gîté dessous un maître chou.
On le quête ; on le lance, il s'enfuit par un trou,
Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie
Que l'on fit à la pauvre haie
Par ordre du Seigneur ; car il eût été mal
Qu'on n'eût pu du jardin sortir tout à cheval.
Le bon homme disait : "Ce sont là jeux de Prince."
Mais on le laissait dire ; et les chiens et les gens
Firent plus de dégât en une heure de temps
Que n'en auraient fait en cent ans
Tous les lièvres de la Province.
Petits Princes, videz vos débats entre vous :
De recourir aux rois vous seriez de grands fous.
Il ne les faut jamais engager dans vos guerres,
Ni les faire entrer sur vos terres.


Jean de LA FONTAINE (1621-1695), Recueil : Les Fables

Les oreilles du lièvres, illustration de Gustave Doré

Le Jardinier et son Seigneur illustré par Gustave Doré
Pour ceux qui préfèrent écouter :





mercredi 24 mai 2017

Privat de Saint-Privat

Le tour de France des provinces en prénoms approche de la pause d'été. Je suis loin de vous avoir emmené partout. Il faut dire que je manque quelquefois d'imagination pour rebondir sur le prénom proposé. Il n'en est rien pour Privat pour lequel il n'existe pas moins de 13 localités répertoriées par wikipédia au nom de Saint-Privat, sans compter la cathédrale de Mende en Lozère ou Privas en Ardèche. Celui que je connaissais se situe en Corrèze, dans l'ancienne province et région administrative du Limousin, région qui a gardé approximativement ses contours pendant plus de deux mille ans, avec l'Auvergne et la Franche-Comté et à l'exception de toutes les autres qui ont connu une histoire aux frontières plus mouvantes.

Privat de Saint-Privat
Privat va toujours à grands pas
Sans se priver même en privé
de réjouissances en abondance.
Privat est un joyeux drille
Et s'il manie bien la faucille
C'est pour nourrir ses limousines.
Quand à l'automne il casse les noix
Privat le soir fait une manille
Les dimanches il danse la bourrée.
Même qu'à la fin d'un bon banquet
Il n'hésite pas à fredonner
au micro en oc et en chœur de joyeux couplets.



Groupe folklorique de Saint Sornin Lavolps
Recette d'un gâteau aux noix du Limousin
La noix du Limousin et du Périgord
La Route de la noix
Les limousines à ne pas confondre avec les limousines et les limousines

Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 22 mai 2017

Oyez les Croqueurs ! défi n°187 lancé par dômi depuis Les croqueurs de mots

C'est Dômi qui accourt au train d'un lièvre pour le défi n°187 des  CROQUEURS DE MOTS grâce à Florence  (Le blog Testé pour vous)  à qui elle a emprunté une super-idée ...     



Après ? Nous ne le savons pas encore mais j'ai bon espoir pour la fin de la saison, nous avons grand besoin de distractions.

L'appel à cap'tains de quart volontaires reste d'actualité pour les défis suivants afin que nous terminions la croisière 2016 -2017 sur des eaux calmes :

Allez moussaillons ! lancez-vous à l'eau ! je vous assure, ce n'est pas la mer à boire !. . . plus que quatre trois deux escales avant la farniente estivale dans votre îlot préféré.

Alors qu'on se le dise et qu'on fasse circuler l'information

Ma récap des défis des Croqueurs de 2016 (ce n'est peut-être pas tout à fait au point mais j'ai progressé)

jeudi 18 mai 2017

Osorezan, en écho au chant des entrailles, de Jeanne Fadosi

Lénaïg à la barre du défi n° 186 des CROQUEURS DE MOTS nous invite à broder et gloser sur l'expression "La tête ailleurs" et nous laisse libre pour les jeudis poésie d'écrire ou de choisir le poème que nous voulons ou encore de nous appuyer sur les deux mots ici et ailleurs.
La semaine dernière, semaine du 8 mai célébrant la fin d'une guerre particulièrement immonde, et la volonté de construire les bases de quelque chose qui rendrait impossible sa reproduction, j'ai réédité Le chant des entrailles, écrit pour miletune en septembre 2013 sur l'image du cimetière américain de Colleville sur mer dans le Calvados, près des plages du débarquement.

Le texte réédité aujourd'hui en était l'écho et le prolongement.


en écho au chant des entrailles pour Mil et Une


Il l'a promis à sa grand-mère. Il en a la peau de porcelaine et les yeux bridés. Il n'a jamais connu son grand-père. Sa tombe est l'océan, très loin, d'ici vers l'est, de l'autre côté de la terre.
Cet aïeul encombrant, vaguement vénéré et vaguement haï, de tant d'obéissance et de haine mêlés, des soldats, de leurs chefs.
Il a pris le train puis le bus, vers le grand nord de son archipel.
Il est allé "plus loin encore que « la sente étroite du bout du monde » explorée et chantée par le poète Bashô, à Osorezan, la montagne qui ramène ici-bas les esprits des ancêtres grâce au prodige des transes chamaniques, le temps d’une conversation de l’au-delà avec les vivants."


Pearl Harbor
Pearl Buck
The Mother
Hawaï
Other Gods
Le Pont Marco Polo
ou Moukden
ou Shanghaï
Vent d'est, vent d'ouest
« fraternité universelle »
« Hakkō ichiu » 
ironie des mots
vidés de leur substance
Guerre du Pacifique
cet étrange oxymore
Ironie de l'histoire
Espoir au goût amer
Guerre et Paix
Paix et Guerre
guerres du monde
guerres immondes
Un monde en paix
Urgence
Un monde en paix
Patience
Un monde en paix
Obstination
tant de nations
à convaincre
sans vaincre
que nous sommes un seul peuple
héritiers de la terre
et de sa vie fragile
Jeanne Fadosi, mercredi 28 décembre 2016


Un poème que m'avait inspiré un événement historique de la dernière semaine de l'année 2016 (clic --->) et de vagabondages sur mes dunes imaginaires (clic --->)

Pearl Harbor : base navale américaine sur le territoire américain de Hawaï dont l'attaque surprise par les Japonais a marqué l'entrée des Etats-Unis dans la seconde guerre mondiale
Pearl Buck, 1892 - 1973, femme de lettres américaine. La Chine et le Japon où elle a beaucoup vécu ont largement inspiré ses romans
harbor (US), harbour (UK) nom commun : port, havre
buck, nom commun : mâle, dandy, jeune mec, dollar, responsabilité, ruade
Hakkō ichiu, slogan politique de l'Empire du Japon pendant la guerre sino-japonaise de 1937 à 1945, communément traduit abusivement par "paix universelle"


mercredi 17 mai 2017

Omerille en terre de Coleville

Beaucoup de rimes en ille pour cette étape en prénoms dans les provinces françaises.
Permettez-moi de prolonger mon poème de jeudi dernier en venant en pélerinage à Coleville-sur-Mer. Nous sommes si près du mois de juin et du D-Day.

Pâques 1934. Owen a dix ans. Des étoiles brillent dans les yeux de leurs parents en feuilletant les pages de l'album de mariage pour son anniversaire. Omerille a tout juste six ans et ne comprend pas encore bien ces réjouissances.
Août 1923. Comme la mariée et le marié, sa maman et son papa, semblaient émus !
Pâques 1926. Owen avait tout juste deux ans et se reconnaissait bien sur les photos car son arrivée prématurée avait reporté leur voyage de noces.
Ils s'étaient rattrapés en prenant le transatlantique pour Dublin. Retour aux sources de ses racines maternelles dont il avait hérité les boucles rousses.
L'Europe, c'était aussi la France ! De nouveau le bateau puis Paris en train depuis le Havre, avec sa Tour Eiffel et sa petite statue de la Liberté. Deauville et ses Fêtes de Pâques, ses planches, son hippodrome avec les grands chapeaux des belles dames, son port de plaisance et ses yachts de riches américains, son casino où ils n'avaient pu entrer accompagnés d'un enfant. Avant de traverser à nouveau l'Atlantique depuis Cherbourg.
Août 1948. Ils ont refait le voyage en bateau avec le Queen Mary. Mais ce n'est pas pour la fête joyeuse de leurs noces d'argent. Ils viennent en pèlerinage au cimetière provisoire de Saint-Laurent-Coleville. Les lieux qu'ils visitent sonnent "américain" : Omaha Beach, Gold beach, Juno Beach, Pegasus Bridge avec son café Gondrée. En cette terre de France qui leur a pris leur fils venu ici avec tant d'autres la délivrer de la barbarie et où il reposera à jamais. Omerille a vingt ans, l'âge d'Owen quand il est tombé.
13 juillet 1956, ils ont refait le voyage en avion spécialement pour l'inauguration officielle. On leur a demandé s'ils voulaient le rapatrier en terre américaine. Ils ont opté pour qu'il repose dans la terre pour laquelle il est tombé. C'est leur choix.
Omerille vieillira sans son frère. Owen a vingt ans pour l'éternité.
Deauville sur mer le retour des courses
reconstitution d'une noce normande


épisodes-histoire : le cimetière américain de Coleville sur Mer
Deauville
Blaudes et coeffes de Caen, groupe folklorique normand

Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB


lundi 15 mai 2017

Défi n°186 : La tête aileurs

Lénaïg à la barre du défi n° 186 des CROQUEURS DE MOTS nous invite à broder et gloser sur l'expression "La tête ailleurs" . Pour se donner de l'inspiration ou simplement pour se divertir, quelques illustrations légendées.
Je n'ai pas le temps de me creuser la cervelle cette semaine, pas trop la tête ailleurs non plus ...

elle avait toujours la tête dans la lune. C'est du moins ce que lui répétait sa mère ... ou son père ...
Elle avait encore la tête ailleurs quand elle se fit percuter par un animal géant lui sembla-t-il, encore qu'elle ne savait plus en le décrivant si c'était une chimère ou un éléphant échappé d'un cirque ou même la girafe de ce fou de sculpteur qui n'avouerait jamais qu'il y avait mis une caméra pour surveiller ce qui se passait dans les chambres de bonnes.
Un jour elle écrirait les aventures de Harry Potter. Elle avait la tête ailleurs mais bien sur les épaules et son collège de Poudlar, elle savait bien qu'il deviendrait célèbre et ferait rêver, la tête ailleurs, des générations d'écoliers.
Et alors, elle serait la cancre de plus à consoler et réhabiliter tant de cancres de tant de siècles ...
















Mais je me rappelle ce que Jacques Prévert en disait en 1945, une année pleine de promesse :
Jacques Prévert, Le cancre

et aussi celui de Leny Escudéro, Le cancre, 1974, qui n'arrivait pas à se souvenir de la bataille de Marignan, mais qui savait bien, sans qu'on le lui ait appris à l'école, qu'il se passait des choses terribles au Chili et que au Portugal, l'espoir s'appelait la Révolution des œillets.


Chili, coup d'Etat du 11 septembre 1973 le général Pinochet a renversé le président Salvator Allende, socialiste démocratiquement élu.
Portugal, Révolution des œillets, 25 avril 1974 où des militaires ont initié par un coup d'Etat la chute de la dictature salazariste en place depuis 1933 un processus démocratique avec un gouvernement civil et l'organisation d'élections.

samedi 13 mai 2017

le vert au pré


pré vert d'avril

Pré vert d'avril
sous le soleil
pré vert de mai
soleil d'orage

offrande éclatante
en vert si tendre
d'un légume bien tendre

qui ne se mangera pas avec les doigts

pré vert de mai
et pendant tout ce temps, 
l'escargot tout frais
flâne dans l'herbe du jardin
chaque matin de rosée

©Jeanne Fadosi, vendredi 12 mai 2017


Sur cette photo c'était le 8 avril, mais j'aurais pu le photographier ce matin ...



jeudi 11 mai 2017

Le chant des entrailles, de Jeanne Fadosi

Lénaïg à la barre du défi n° 186 des CROQUEURS DE MOTS nous invite à broder et gloser sur l'expression "La tête ailleurs" et nous laisse libre pour les jeudis poésie d'écrire ou de choisir le poème que nous voulons ou encore de nous appuyer sur les deux mots ici et ailleurs.
En cette semaine du 8 mai célébrant la fin d'une guerre particulièrement immonde, et dès ce moment-là la volonté de construire les bases de ce qui ne permettrait pas que cela advienne encore, il est plus que jamais important de s'en souvenir.
Alors je réédite ce texte que j'avais écrit pour miletune en septembre 2013 sur l'image du cimetière américain de Colleville sur mer dans le Calvados, près des plages du débarquement.

Jeudi prochain je rééditerai Osorezan, en écho au chant des entrailles

Le chant des entrailles

Il a les boucles flamboyantes de sa grand-mère et à travers elle celles de ses aïeux irlandais. Il a la peau cuivrée et les yeux noirs de son grand-père amérindien et à travers eux ceux de ses aïeux.
Elle l'avait emmené au plus près de la montagne sacrée. Au plus près c'était encore loin, une vaste zone interdite aux humains séparait la route du Mont des Ancêtres. Vaste désert d'où on les avait exproprié pour expérimenter le feu nucléaire.
Elle lui a dit, toi, tu iras écouter les vibrations de la terre dans le champ où repose ton grand-père. Entends les atomes des anciens. Rapporte-moi une parcelle de son chant. 
Dans l'herbe humide et parfumée d'embruns, au-dessus de la falaise en retrait de la mer, allez savoir pourquoi c'est La Grande Vague de  Kanagawa qui le submerge.
Allez savoir pourquoi ce sont ces mots qui tambourinent sous son crâne en une prosodie lancinante
Sendaï
Fukushima
Hiroshima
Nevada
Île du bonheur
Train de la peur
ou de la fortune
chant à la lune
L’île large
L’île longue
Longue pointe 
Nagasaki
Colleville
Tchernobyl
Ile des 3 miles
Three miles Island
Islande
Hokusaï
Sendaï
Jeanne Fadosi, pour Mil et Une, image semaine 39

La Grande Vague de Kawagana, estampe 25 x 37 cm de Katsushika Hokusaï, vers 1823-1829


Quelques liens pour aller plus loin :
Hokusaï, 1760 - 1849, peintre, dessinateur et auteur de textes japonais
Terres sacrées des Indiens, ouest des Etats-Unis
Colleville sur Mer (Cimetière américain)
l'Islande exporte son électricité ... (Développement durable)

Nb, j'aurais pu aussi, en petite lueur d'espoir ajouter Auroville (Inde) à La géo-électricité de l'Islande
voir aussi wikipedia-auroville.