Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

lundi 26 juin 2017

Fadosi continue ici

Billet d'accueil

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Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Défi n°189 : Fiction et réalité

Sur le théâtre de la vie, tout le monde à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°189, dernier de la saison avant les destinations de l'été et de nouveaux projets à la rentrée en un nouveau voyage "Fiction ou réalité".
Une semaine de folie entre moultes activités et grosse paresse, à moins que ce ne soit grande sagesse par cette chaleur ... et je n'aurai pas le temps de faire de l'inédit. Alors je réédite ce texte écrit pour le défi de lénaïg en février 2016.
Pour ce défi, j'avais fait venir le héros du livre dans ma vie, entre souvenirs et narration.


 Et Cosinus sort du livre


J'entends d'ici vos cris effarouchés de mathophobes et vos sarcasmes de mathophiles. Comment ! le cosinus n'est pas un personnage  disent les uns, c'est une fonction essentielle à la trigonométrie.

Les autres se bouchent les oreilles à ces gros mots puis rétorquent :  un livre de maths ce n'est pas un roman disent-ils ! C'est une punition !
Sourires . . . .


Et re-protestations unanimes des croqueurs réconciliés contre un ennemi commun, moi ! Christophe ! mais ce n'est pas un auteur, c'est un chanteur.
D'abord si ! l'autre Christophe est un auteur compositeur interprète, na. Même si sa collaboration avec Jean-Michel Jarre comme parolier et arrangeur nous ont donné des pépites comme les mots bleus. Et ce n'est pas à lui que je fais référence. D'ailleurs allez savoir si consciemment ou inconsciemment, le chanteur n'a pas pris le pseudo de son héros favori de BD !

Bon, maintenant qu'en préambule les présentations sont faites, écoutez voir les réclamations du savant Cosinus :
Je viens au nom de tous les élèves que tu as traumatisés avec mon nom !
- tu m'étonnes, mon intention était contraire, infléchir la pensée des garçons vers la science ..
- justement, penses aux petites filles que tu as laissé sur le côté ! tiens, j'en connais une . . . elle t'as découvert à l'occasion d'une petite maladie qui lui a fait manqué les premières leçons de trigo.
- et alors ?
- quand son prof a prononcé le mot cosinus, elle a été prise d'une irrépressible crise de fou rire. Il faut dire qu'il avait le même mouchoir à carreaux que le savant et qu'il le confondait aussi souvent avec le chiffon à effacer . . .
- Je vois  . . . et alors ?
- alors, ça lui a monté dans les sinus, le prof l'a prise en grippe et . . . le ciel était bleu, les oiseaux chantaient. Le sermon lui parvenait à peine aux oreilles . . . elle avait déjà pris la tangente . . . Mais cette parenthèse l'a pénalisée tout le temps après . . .
- Je te concède cet inconvénient mais ce n'est qu'une exception ! les garçons ne se sont pas formalisés de te savoir si distrait.
- Bien sûr, d'autant que le professeur Tournesol a rajeuni l'aura des savants en les faisant rêver de voyages et de reportages. Mais les filles . . .
- Bon si je comprends bien, tu aurais voulu t'appeler autrement, c'est ça ?
- Oui
- Mais comment ?
- Justement j'hésite   . . .
-  . . .
- entre circonflexe et pendule
- Vastes sujets qui nécessiteraient toute une démonstration Pourquoi pendule ? De toutes façons tu es toujours en retard mon pauvre Cosinus !
- Pour l'heure, je pense au pendule de Foucault. D'ailleurs tu ferais bien de te presser Christophe pour rejoindre le comité d'accueil de Umberto Eco, un écrivain et sémiologue réputé qui vient de prendre la direction de votre inconnu éternel. Je suis sûr que vous êtes faits pour vous entendre.
- D'accord, j'y cours . . . Retrouvons-nous lundi prochain où nous prendrons le temps de discuter autour de ces grandes questions.
- avec humour ?
- promis ! 
Bonus Excusez-moi monsieur le professeur, de et par (l'autre) Christophe

Christophe, 1856 - 1945, biologiste français auteur de manuels scolaires et précurseur de la bande dessinée en France
Umberto Eco, 1932 - 19 février 2016, universitaire et écrivain italien (info d'actualité Le Monde ; ses tribunes dans Libé)

Pour d'autres vagabondages dans mes billets où je lâche la bride à mes réflexions sur les voyages, la fiction, la réalité ... :
Rêver de voyages
Les voyages forment la jeunesse
Élargir l'espace, élargir le temps




vendredi 23 juin 2017

Saule orchestre

Pour la page 80 de l'Herbier de poésies

Caresse du chemin
au promeneur téméraire
à l'ombre du saule

C'est légende, jamais ne pleure
partition pour les oiseaux.
©Jeanne Fadosi, jeudi 22 juin 2017
pour l'herbier de poésie 80 
à voir sur la page 80 de L'Herbier

Le vieux saule - photo SusiS

illustration sonore :
Jean Boucault et Johnny Rasse, Chanteurs d'oiseaux

que La Vieille marmotte nous avait proposé sur une autre gerbe de l'Herbier de poésies

jeudi 22 juin 2017

La musique, de Charles Baudelaire

« Fiction ou réalité rebondit sur la petite phrase de Dômi : « La vie est une pièce de théâtre » en la questionnant. Le mot voyage à caser me semble aussi une bonne idée. Et les voyages sont aussi intérieurs. »
Comme en ce moment je (dômi) manque un peu de temps, «  pour le suivi on peut faire comme la dernière quinzaine tout le monde à la barre »
L’important est que tous ceux qui en ont envie puissent participer.
Voyage en poésie, c’est aussi un beau sujet pour les jeudi en poésie.
Voyage, donc sur le théâtre de la vie, et tout le monde à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°189, dernier de la saison avant les destinations de l'été et de nouveaux projets à la rentrée.

Et si  au lendemain de fête de la musique on alliait musique et voyage avec l'un des poètes qui m'a fait le plus rêvé à l'intérieur de ma tête, au souvenir des quelquefois ou petite fille j'ai découvert les yeux écarquillés comment, caractère de fonte après caractère de fonte, les typographes fabriquaient les livres, en arpentant les allées de l'atelier de l'Imprimerie Alençonnaise ?
A l'ombre du portrait de Poulet-Malassis, courageux éditeur du XIX siècle  à qui les Français doivent de connaître Baudelaire et Edgar Allan Poe grâce à ses premières éditions des Fleurs du Mal de Baudelaire et des Histoires extraordinaires d'Edgar allan Poe traduites par Baudelaire.

La musique

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile ;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile,
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile ;

Je sens vibrer en moi toutes les passions
D'un vaisseau qui souffre ;
Le bon vent, la tempête et ses convulsions

Sur l'immense gouffre
Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir
De mon désespoir !

Charles Baudelaire, La Musique, Les Fleurs du mal,
Spleen et idéal, première édition 1857



Bizet, "Les pêcheurs de perles" , Philippe Talbot, ténor

Charles Baudelaire, 1821 - 1867, poète français
Les Fleurs du Mal, recueil de poèmes englobant la quasi-totalité des poèmes de Baudelaire, première édition 1857 dont six poèmes sont censurés,  éditions ultérieures enrichies de poèmes censurés et des poèmes ultéireurs
Edgar Allan Poe, 1809 - 1849, écrivain, poète et éditeur américain
Histoires extraordinaires, 1856 et Nouvelles Histoires extraordinaires, 1857
Georges Bizet, 1838 - 1875 (dans sa maison de Bougival*), compositeur français notamment de Carmen
Les Pêcheurs de perles, opéra de Bizet créé au Théâtre Lyrique en 1863
Auguste Poulet-Malassis, 1825 - 1878, éditeur et bibliographe alençonnais, d'une famille d'imprimeurs (à la Réforme, impression de la Bible vers 1540). Exilé en Belgique en 1862 pour fuir la prison pour dettes, il a continué à publier à bruxelles des textes prohibés avant de rentrer à Paris en 1875.
Imprimerie Alençonnaise

* Projet vieux de plusieurs années, faire de la maison de Bizet à Bougival l'Espace Carmen d'un Centre Européen de la musique, il vient d'être réactualisé par le lancement d'une souscription Clic ---> 

mercredi 21 juin 2017

Oleg de Guéret

Pas de rime aujourd'hui. Mes pas vont vous conduire vers la province de La Marche (elle existe !, sur les contreforts du Massif Central) dans le département de la Creuse dont Guéret est le chef-lieu. De Guéret nous prendrons  un avion imaginaire vers l'Île de la Réunion. Pourquoi cela ? Voyez plutôt :

Oleg de Gueret,
s'il sait danser la bourrée
aime aussi faire revivre
à la Maison Créole
les danses traditionnelles
qui le relient à son île.
Car Oleg de Gueret
est un enfant adopté
Il recherche ses origines
fier de sa créolité.
Il a eu la chance
d'avoir de parents aimants
qui l'aident dans sa démarche.
Sans renier la Marche,
sa belle province d'adoption,
il aimerait mieux connaître
l'Île de la Réunion,
cette terre où si loin il est né.

Bourrée élémentaire - par Je kiffe la Creuse, et toi ?

Les Comperes Créoles Groupe Folklorique de l'Ile de La Réunion

Et si vous avez plus de temps (environ 50 minutes)
La Réunion et ses cultures - Documentaire


Guéret, chef lieu du département de La Creuse après avoir été la ville principale de la partie haute du Comté de La Marche
Les enfants de la Creuse ; autre info Le Point Clic --->
La Creuse dans vos assiettes, quelque spécialités culinaires
La cuisine réunionnaise Clic ---> et Clic --->

Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

dimanche 18 juin 2017

Oyez des Croqueurs qui est à la barre du défi n°189 ?

La quinzaine qui s'achève a réuni sous les haubans de notre rafiot de bien beaux hommages à notre ami et croqueurs d'alexandrins Henri. Ces passeurs du bac, soyons-en convaincus, tels la barque de l'Egypte antique, ont accompagné son passage vers une autre rive, du côté du paradis.

Si j'en crois le calendrier, c'est la dernière quinzaine de la saison avant l'escale ou la croisière estivale  pour les CROQUEURS DE MOTS. Et je ne vois pas arriver le barreur. Et vous, le voyez-vous ?


le point à environ 10h et demi (heure de Paris) : voir en commentaire la proposition de Quichottine en réponse à ABC

samedi 17 juin 2017

Temps subi, temps agi

"Nous devons nous-mêmes - en retrait du règne et de la gloire, dans
la brèche ouverte entre le passé et le futur - devenir des lucioles et
reformer par là une communauté du désir, une communauté de lueurs
émises, de danses malgré tout, de pensées à transmettre."
Georges Didi-Huberman, 
mis en exergue par Patrick Chamoiseau,
Frères migrants, Seuil, mai 2017
Contre la barbarie

Comment ma requête "temps" sur mon blog m'a-t-elle amené à cet article ? Un de ces rares articles où je laisse ma plume au gré d'instants offerts ou subis traduire mes sensations ou une pensée plus fouillée ...
La réécoute de la chronique arrive à point nommé dans ce paysage temporel navrant et m'a décidé à en reprendre des extraits pour ce rendez-vous du nid des mots du mois de juin 2017 sur le temps qui passe.

Vie et sagesse ...
Voilà plusieurs jours que me trottait dans la tête l'envie d'écrire un petit article sur ce sujet qui courait sur les ondes comme en défi aux grondements du Monde
L'idée en est même relativement bien aphorisée dans un titre de Philosophie Magazine :
Comment ne pas passer à côté de sa vie ?
ou dans ce conseil frappé au coin du bon sens de Steve Jobs

"Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n’est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d’autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L’un et l’autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire."
Steve Jobs, Stanford University - 2005 

Lorsque je lâche la bride à mes pensées vagabondes ou que j'écoute les autres, j'ai bien du mal à trouver une parole à la fois libre et nourrie et nourrissante ...
tant il me semble que la vie de chacun de nous est intimement intriquée, solidaire avec ou sans adhésion, de celle des autres, de leurs actions, de leurs avis ...

Et puis ce vendredi matin-là, dans le demi-sommeil avant le lever, j'ai entendu Noëlle Bréham sur France Inter évoquer l'un des quatre accords toltèques de Miguel Ruiz, best seller new age de 1997
"Quoi qu'il arrive : n'en faites jamais une affaire personnelle !"
Billet d'humeur de Noëlle Bréham du vendredi 10 juillet 2015 : Laissez dire !

Une chronique qui m'a donné du baume au cœur de bon matin, pas fâchée bien au contraire d'avoir allumé si tôt le radio réveil.

Et puis la vie de la journée m'a repris, ... avec ses agréments comme ses absurdités habituelles ou plus insolites :
Le gentil bavardage avec la factrice, m'accusant affectueusement de faire partie des mauvais clients de la poste qui n'écrivent plus de vraies lettres ;
un camion égaré qui a frotté le haut de sa remorque et le plafond du tunnel pourtant annoncé à je ne sais plus quelle hauteur limitée ;
une conductrice qui a rageusement klaxonné parce que j'ai franchi le stop (après l'avoir marqué correctement) en même temps que sa voiture apparaissait dans mon champs de vision à 80 mètres au moins ... d'ailleurs, on s'est croisé assez loin du carrefour ;
un vendeur préoccupé par un montage qui lui résistait et qui ne m'écoutait qu'à moitié. Levée du mauvais pied, je n'aurais peut-être pas apprécié son manque de disponibilité. Je ne sais par quelle grâce pourtant nous en avons fait l'un et l'autre une source de bavardage souriant.

Du temps a passé. J'ai réécouté la chronique de Noëlle Bréham avec le même sentiment, avec la même impression d'en être revigorée pour la journée. Avec la même pertinence d'immédiate actualité.

Le temps passe. Apporte-t-il la sagesse à l'air du temps ?
Le temps passe et les médias nous emmènent trente deux ans en arrière. Avec la même démesure, les mêmes risques d'empêcher l'émergence de la vérité.
Occupant l'espace, occultant le temps présent.
Aylan, tel Grégory, sera-t-il dans les mémoires dans trente-deux ans ?
Qu'en sera-t-il de ceux qui en sont la cause et de tant d'autres encore?
En ce temps barbare qui est le nôtre  ...

©Jeanne Fadosi, vendredi 16 juin 2017


Sur le même thème j'avais écrit pour miletune Au sablier du temps

vendredi 16 juin 2017

La vitrine à rêves

Pour la page 79 de l'Herbier de poésies

En mode optimiste au souvenir du bonheur d'un petit bonhomme de deux-trois ans auquel on avait appris à se régaler du regard devant les vitrines sans réclamer et cela marchait.

Les pieds dans la neige
béats devant la vitrine
émerveillement

Qu'il est doux de ranimer
la mémoire de l'innocence

En mode fataliste en contre-point de l'image de la page 76 de l'Herbier

Sur l'autre trottoir
la petite mendigote
s'offre au doux soleil

indifférente au spectacle
dont elle est partout exclue.
©Jeanne Fadosi, mercredi 14 juin 2017
pour l'herbier de poésie 79 
à voir sur la page 79 de L'Herbier

Vor  der Bäckerei - Alvaro De Taddéo
Son lien


détour par le Palais de Dame Tartine à Mirapolis infos wikipedia (qui faisait tant rêver mes enfants)

jeudi 15 juin 2017

Il est certains esprits ..., de Nicolas Boileau

C'est avec beaucoup de tristesse que les CROQUEURS DE MOTS ont appris la mort d'Henri, de Margaux, dans le Médoc, leur fidèle participant à ses défis et toujours en alexandrins. Quoi de plus normal et suivi par les croqueurs et au-delà que de lui rendre hommage en lui dédiant le défi n°188, si possible dans cette contrainte qu'il pratiquait avec une apparente aisance car sur la Toile n’apparaît bien sûr que le résultat.
Comme Martine, j'appréciais l'homme qu'il était, en tous cas qu'on devinait par ses alexandrins et ses commentaires.
Je suis d'accord avec  Francine quand elle écrit :
"C'est un très grand Monsieur, dans tous les sens du terme, qui est "parti"."

Pour ce second jeudi, j'ai choisi Boileau et ce très bel extrait en alexandrins sur l'art poétique et bien au-delà une leçon de penser bien actuelle.

Il est certains esprits...
[...]
Il est certains esprits dont les sombres pensées
Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ;
Le jour de la raison ne le saurait percer.
Avant donc que d'écrire, apprenez à penser.
Selon que notre idée est plus ou moins obscure,
L'expression la suit, ou moins nette, ou plus pure.
Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément.
Surtout qu'en vos écrits la langue révérée
Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée.
En vain, vous me frappez d'un son mélodieux,
Si le terme est impropre ou le tour vicieux :
Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme,
Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme.
Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin
Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain.
Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse,
Et ne vous piquez point d'une folle vitesse :
Un style si rapide, et qui court en rimant,
Marque moins trop d'esprit que peu de jugement.
J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène,
Dans un pré plein de fleurs lentement se promène,
Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux,
Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux.
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage :
Polissez-le sans cesse et le repolissez ;
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. [...]
Nicolas BOILEAU, Recueil : L'art poétique, 1669 - 1674
  (Chant I), extrait

Souvent c'est l'extrait que les florilèges et les manuels donnent à découvrir ou commenter. C'est se priver d'une lecture en son entier qui vaut l'effort de prendre le temps et la réflexion. Laissez-moi au moins vous proposer encore les vers suivants

C’est peu qu’en un ouvrage où les fautes fourmillent,
Des traits d’esprit semés de temps en temps pétillent.
Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu ;
Que le début, la fin répondent au milieu ;
Que d’un art délicat les pièces assorties
N’y forment qu’un seul tout de diverses parties,
Que jamais du sujet le discours s’écartant
N’aille chercher trop loin quelque mot éclatant.
Craignez- vous pour vos vers la censure publique ?
Soyez-vous à vous-même un sévère critique.
L’ignorance toujours est prête à s’admirer.
Faites-vous des amis prompts à vous censurer ;
Qu’ils soient de vos écrits les confidens sincères,
Et de tous vos défauts les zélés adversaires.
Dépouillez devant eux l’arrogance d’auteur ;
Mais sachez de l’ami discerner le flatteur.
[...]

Nicolas Boileau, 1636 - 1711, poète écrivain et critique français



mercredi 14 juin 2017

Ursula de Sarlat

J'ai fait une fausse manœuvre en laissant trop longtemps mon doigt sur une touche de l'ordi : j'ai sans le vouloir activé une fonction ergonomique, super pour ceux qui autrement ne pourraient pas utiliser le clavier mais la frappe prend bien plus de temps et je ne sais comment je vais pouvoir la désactiver.
Alors pardon si je n'améliore pas cette page d'ici sa parution et s'il manque les compléments habituels sur Sarlat, la Dordogne, le Périgord noir.

http://www.dordogne-perigord-noir.fr/gisement-du-regourdou/
http://regourdou.fr/

Ursula, vous l'avez déjà aperçue
Souriante en coiffe et collerette
Pour un dimanche de danses en guinguette
Sur des airs folkloriques bien connus

Ursula est de Sarlat la Caneda
Un nom qui évoque des canidés
Et peut-être des loups de temps reculés.
Alors pourquoi s'appeler Ourse, Ursula ?

C'est qu'au coeur du Périgord noir,
La présence des ours pendant la préhistoire
Est avéré par de très nombreux ossements.

Qu'en était-il des humains et des bêtes ?
Que d'histoires et légendes dans nos têtes !
A quand du règne animal l'avènement ?

En attendant, le règne machinal présente de sérieuses limites, foi d'humaine fâchée contre les libertés de son clavier !!!!!!!



Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

lundi 12 juin 2017

Défi n°188 : Hommage à notre ami Henri

Pour ce défi 188 des CROQUEURS DE MOTS Durgalola (et Jeanne Fadosi lui a emboîté le pas) nous proposent de  rendre hommage à Henri en partant  d’un de ses textes ou simplement d’en créer un personnel sur l’amitié en alexandrins (chacun faisant ce qui lui est possible, pas d’obligation de rimes riches, juste comme on le sent).

Deux textes ici pour lui rendre hommage, un sonnet qui prend volontairement de grandes libertés avec la métrique et une leçon fantaisiste pour écrire en alexandrins et s'en affranchir, sans se prendre au sérieux.


Les alexandrins étaient sa spécialité. 
Les alexandrins ne sont pas aisés à ma plume.
J'hésite aussi : sur la Toile il est de coutume
De (trop) banaliser le mot amitié.

Et en toute sincérité
Il me faudrait plusieurs autres mots
Pour dire avec justesse le lien entre ce "matelot"
Et ses lecteurs, qu'ils soient ou non abonnés.

J'avais esquissé il y a déjà quelques années
De l'autre côté du Net Henri était bien réel.

C'est vrai, je ne l'ai pas rencontré.
Comme la plupart des blogueurs d'ailleurs.
Impossible de savoir si et où est maintenant son ailleurs.



Pour réussir (inspire) un poème en (inspire) alexandrins, (souffler, retour à la ligne)
On peut compter (respire) un deux trois pieds (soupir) quatr' trois deux un (à la ligne)
A pas sautés (tournez), à pas chassés, (virez) à pas légers (retour au départ)
Sur la piste cirée (osez) vous voilà engagé (restez !)

Pour la valse à trois temps, pour ne pas s'y noyer,
Fixer un point lointain et quatre fois tourner.
N'ayez crainte, observez, en cadence avancez.
Les débuts sont ardus. Il faut recommencer.

Ce n'est pas musical et les pieds (moue), c'est bancal.
Le rime est phonétique et le tout est banal.
Déjà vous vous lassez, prêt à abandonner :
"La valeur n'attend point le nombre des années." (1)

Petit' poucett' en frich" veut savoir tout tout d'suite.
Elle et Il sont nés au temps du toujours plus vite.
Pouce ! Ecoutons l'adage venu du fond des âges,
Alors sur le métier remettons notre ouvrage  (2) :

Pour faire des progrès il faut faire et défaire.
Il faut recommencer ? La belle affaire !
De moins en moins souvent nous recommencerons.
"C'est en forgeant qu'on devient forgeron." (3)


(1) Pierre Corneille, Le Cid
Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées
La valeur n'attend point le nombre des années

(2) Nicolas Boileau, Il est certains esprits ..., L'art poétique, Chant I
Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage

Du coup, ce sera mon poème choisi de jeudi prochain

(3) expression française apparue dès le XVe siècle
traduite intégralement de la formule latine  "fabricando fit faber". en savoir plus clic--->

Et comme Durgalola nous invite aussi à danser et à chanter, dansons et chantons avec Claude Nougaro

Claude Nougaro, Dansez sur moi, live 

"...
Dansez sur moi
Le soir de mes funérailles
Que la vie soit feu d'artifice
Et la mort un feu de paille
...

jeudi 8 juin 2017

Grand âge et bas âge mêlés - X -, de Victor Hugo

C'est avec beaucoup de tristesse que les CROQUEURS DE MOTS ont appris la mort d'Henri, de Margaux, dans le Médoc, leur fidèle participant à ses défis et toujours en alexandrins. Quoi de plus normal et suivi par les croqueurs et au-delà que de lui rendre hommage en lui dédiant le défi n°188, si possible dans cette contrainte qu'il pratiquait avec une apparente aisance car sur la Toile n’apparaît bien sûr que le résultat.
Comme Martine, j'appréciais l'homme qu'il était, en tous cas qu'on devinait par ses alexandrins et ses commentaires.
Je suis d'accord avec  Francine quand elle écrit :
"C'est un très grand Monsieur, dans tous les sens du terme, qui est "parti"."

mercredi 7 juin 2017

Cosme de Vendôme

La pause estivale de notre tour de France en prénoms avance à grands pas. Faisons un petit tour du côté de Vendôme dans le Loir et Cher à la porte du Perche et de la petite Beauce, capitale du Comté puis du duché de Vendôme avant de devenir sous-préfecture et deuxième ville du Loir et Cher.

jeudi 1 juin 2017

Corne d'abondance, de Rainer Maria Rilke

Dômi en superviseur du défi n°187 des CROQUEURS DE MOTS dont l'idée a été dénichée chez Florence testé pour vous nous propose donc une quinzaine autour du flouze, du grisbi, du pèze, de la galette, des biftons, des thunes, du pognon quoi. Pour ce 1er jeudi poésie l'oseille et pour ce dernier "au diable l'avarice".