Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, combien en 2016 ?

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vendredi 17 novembre 2017

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Profitez des instants de la vie :
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trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Visage, visages

Pour la page 90 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Adamante


L'eau bleue sur le sable
dessine le visage
d'une antique statue maya

Elle a le profil égyptien
au pays d'autres pyramides
le front bombé
l'oeil amusé ou las.

Que dit-elle si fort ?
est-ce son souffle
ou sa colère ?

la mouche en coeur
insolante
sur son nez
l'agace.

Un minuscule papillon blanc
de ses ailes froisse
sa matière grise.
Là siège non seulement les limbes de la raison mais aussi toutes les émotions, le berceau des sentiments, l'origine du vivre ensemble.
©Jeanne Fadosi, mercredi 15 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 91 de L'Herbier

image pour l'herbier 91, sans titre

Exposition "Maya de l'aube au crépuscule",
Musée du Quai Branly 2011



jeudi 16 novembre 2017

J'écris avec l'encre, de Germaine Beaumont

Josette à la barre du défi n°195 des CROQUEURS DE MOTS nous dit
pour "jeudi poésie" les 16 et 23 novembre je vous propose des couleurs...choisissez la votre !
J'aurais pu avec Rimbaud, décliner les voyelles en couleurs, j'espère que d'autres croqueurs le feront. J'aurais pu rééditer la charmante comptine des crayons de couleurs.


J'écris avec l'encre

J'écris avec l'encre noire, les chagrins de tous les jours,
Et leur trame sans histoire, et leur éternel retour...
J'écris le deuil des saisons et le mal de la raison,
Et le jour près de s'éteindre.

J'écris avec l'encre verte un jardin que je connais
J'écris les feuilles de l'herbe que le printemps remuait...
J'écris la lumière douce des chemins de mon pays...

Avec l'encre violette, j'écris les soirs de bruyère
Sur les terres désolées et j'écris les âmes fières
De n'être pas consolées

J'écris avec l'encre rouge tous les feux qui m'ont brûlée
Et tous les rubis qui bougent dans le fond des cheminées,
Et le soleil qui se couche sur ses plus longues journées,
Et toutes les roses qui sur la mer s'en sont allées.

J'écris avec l'encre bleue le vol du geai dans les bois
J'écris la mer un dimanche et sa frissonnante voix.

Germaine Beaumont, 1890 - 1983



mercredi 15 novembre 2017

la corneille de Saint-Corneille

Pour ce prénom du mercredi qui porte le nom d'un oiseau, je renouerai avec le fil conducteur de la récré à Bigornette tout en faisant étape dans une province de France riche d'Histoire. la grande, pas toujours reluisante et plus précisément à Compiègne, ville impériale et dans la clairière de Rethondes.

Corneille
sur sa corniche de pierre
veille 
sur les livres de Pierre
les vers du grand Corneille
que tiraille la vengeance
"Rodrigue as-tu du coeur ?"
A quelques encablures d'ailes
corneille s'envole
et veille
sur l'espoir de la paix
restée depuis en chantier.

Le wagon
symbole d'affront
à la mémoire assassinée
par un excité au bras levé
disant venger
son (?) pays humilié
et par un maréchal effondré
ayant perdu sa dignité
et sa liberté de penser.
"Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?"
un vingt-deux juin quarante
la signature infâmante
d'un vieillard sans états d'âme
pour le diable vendait son âme
livrant la France à des vainqueurs
menés par un dictateur
mettant l'Europe aux abois
à sa botte au pas de l'oie.

le wagon est redevenu musée 
en même temps que mémorial
immémorial
pour ne jamais oublier

Compiègne depuis la bibliothèque Saint Corneille

* Le Cid, tragi-comédie, 1637 (puis tragédie dans sa version définitive, 1661) célèbre de Pierre Corneille, 
Pierre Corneille, dit "le Grand Corneille", 1606 - 1684, dramaturge et poète français
Compiègne, sous-préfecture du département de l'Oise (60), région Hauts de France, ancienne province de l'Isle de France, à la limite des pays du Valois et du Soissonnais
Abbaye Saint-Corneille de Compiègne. après restauration, elle abrite depuis 2007 la bibliothèque Saint-Corneille, l'une des trois bibliothèques municipales de Compiègne.
La clairière de l'armistice ou clairière de Rethondes, clairière ou se situait le wagon dans lequel ont été signés les armistices du 11 novembre 1918 et du 22 juin 1940

pour ne pas perdre nos habitudes gourmandes : quelques spécialités culinaires de l'Oise


dimanche 12 novembre 2017

Oyez les Croqueurs ! Défi n°195 en partance chez ??? ... chez Josette

Dimanche je programmais

Ohé Matelots, Capitaine Domi a confié la barre de la goélette des Croqueurs de Mots à Lénaïg à sa demande pour le défi 194. Alors je me pose la question, qui va tenir la barre du défi n°195 ? Josette, comme l'a suggéré Domi en septembre Clic---> ou on décale tout d'une quinzaine et c'est Domi qui s'y colle ?

C'est bien Josette qui tient la barre du défi n°195 et quelle barre ! de quoi découvrir lundi prochain des petits textes fort différents les uns des autres.


samedi 11 novembre 2017

Douceurs d'enfance

Le thème de novembre du Nid des mots à publier le samedi 11 novembre est "Caramels mous"

caramels d'enfance
se rappellent au souvenir
de mes dents gâtées

Je n'en ai pas abusé
C'est le fait d'autres carences.

C'est peu poétique
et balaie la nostalgie
de le dire ainsi,

Ou la piqure de rappel
des jeudi au cinéma*.


*Allusion à la délicieuse chanson d'Annie Cordy, bonbons caramels esquimaux chocolats, 1953. Il est peut-être aussi utile de préciser aux plus jeunes que en France c'est en 1972 que le jeudi de récréation des écoliers a été remplacé par le mercredi (pour info un article bien documenté Clic --->)








vendredi 10 novembre 2017

Espoir ?

Pour la page 90 de l'Herbier de poésies sur une image proposée par Jamadrou avec ces mots :
La trame d'une histoire ?
C'est drôle, c'est funny,
un patch work de points de croix.
Bizarre et joyeux.
Comme si chaque carré était ajouté par un brodeur passant l'ouvrage de main en main, à une ou un autre et un ou une autre encore. Sans plan d'ensemble.
Pourtant les couleurs,
pourtant cette mosaïque
créent une harmonie
Résisteront-elles ensemble
au patient désassemblage
de Pénélope remontant les aiguilles du temps dans le silence et la solitude de la nuit. Ce temps inexorable ne ramènera pas Ulysse. Elle sait que les fins heureuses n'existent que dans les légendes.
Pourtant rien ne musèle
ses lèvres et le chant d'espoir
de la nuit des temps
surgissant à chaque fois
qu'il faut se lever aussi*.
©Jeanne Fadosi, mercredi 8 novembre 2017
à découvrir avec les autres brins sur la ou les pages 90 de L'Herbier

photo et ouvrage de Jamadrou


* allusion à la chanson de Bernard Lavilliers et Jeanne Cheral, L'espoir, album 5 minutes au paradis, 2017 Clic --->
Cette chanson est un hommage au poème de Paul Eluard, Liberté Clic --->

jeudi 9 novembre 2017

Signe, de Guillaume Apollinaire

Lénaïg a lancé le défi n°194 des CROQUEURS DE MOTS sous le signe du cygne et ces deux mots homonymes comme fils possibles des jeudis poésies.
Et comme je n'ai pas su choisir après Le cygne, de Sully-Prudhomme, voici réédité et de saison, Signe, de Guillaume Apollinaire

Signe
Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne
Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs

Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c'est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol
Guillaume Apollinaire - Alcools, 1913





Guillaume Apollinaire, 1880 - 1918, poète français

Quelques pistes d'explications ICI ; ICI ;

Il serait éclairant de connaître la date exacte de rédaction de ce poème car Alcools, paru en 1913, est une compilation de ses premiers poèmes, dont l'écriture s'étale sur plusieurs années. Selon le contexte spatial et temporel en effet, la signification peut, au-delà de celle générale que l'on peut en faire, avoir un sens beaucoup plus précis.

Il a connu des histoires tumultueuses avec des femmes, dont Marie Laurencin. Mais il a aussi été emprisonné pendant une semaine en septembre 1911, pour avoir été soupçonné de complicité dans l'affaire du vol de la Joconde au Louvre, une de ses connaissances ayant dérobé des statuettes.

Le cygne, de Sully-Prudhomme

Lénaïg a lancé le défi n°194 des CROQUEURS DE MOTS sous le signe du cygne et ces deux mots homonymes comme fils possibles des jeudis poésies.
Et comme en bonne normande je n'ai pas trop envie de choisir, je choisis cette fois les deux, Le cygne, par Sully-Prudhomme  ci-dessous,  un poète que j'ai rappelé à votre mémoire récemment avec Le long du quai. 
J'aurais pu évoquer celui de Baudelaire adressé à Victor Hugo
et Signe, poème de Guillaume Apollinaire, que j'avais partagé avec les Croqueurs de mots en septembre 2013.

Le cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l'onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d'avril qui croulent au soleil ;
Mais, ferme et d'un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l'entraîne ainsi qu'un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d'acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.
Tantôt le long des pins, séjour d'ombre et de paix,
Il serpente, et laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d'une tardive et languissante allure ;
La grotte où le poète écoute ce qu'il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule ;
Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l'azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu'il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.
Puis, quand les bords de l'eau ne se distinguent plus,
A l'heure où toute forme est un spectre confus,
Où l'horizon brunit, rayé d'un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l'air serein leur bruit
Et que la luciole au clair de lune luit,
L'oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflète
La splendeur d'une nuit lactée et violette,
Comme un vase d'argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l'aile, entre deux firmaments.
René-François SULLYPRUDHOMME, Les solitudes, 1867


SULLY PRUDHOMME, poète et écrivain français, 1839 - 1907

Villarceaux, château du bas

au bord de la Seine à Vernon