Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

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vendredi 21 juillet 2017

Petite Mère

Il y a tout juste cent ans, ta maman, ton frère, tes sœurs avaient sans aucun doute réussi des petits miracles d'imagination et d'ingéniosité pour que ton anniversaire soit une fête malgré la guerre au loin et ici les restrictions terribles de tous les instants.
Sept ans, l'âge de raison, c'est une date qui se marque. La fillette gaie, vive et timide que j'imagine allait, accompagnée de ses grandes sœurs, écouter les concerts qui se donnaient le dimanche sous le kiosque à musique du square.

Tandis que je prépare ce billet pour le 21, j'écoute la chanson de Linda Lemay la centenaire en en lisant les paroles sur un blog dédié à l'accompagnement de fin de vie. Il n'y a que Linda Lemay pour se permettre d'aborder certains sujets avec toute sa délicatesse.

Il y a sept ans, j'étais consignée à la maison pour une tâche que je n'avais pas choisie mais que je n'avais pas eu le coeur de refuser. Qu'aurais-je pu faire ? Ces occupations pratiques  m'empêchaient d'aller auprès de ceux qui étaient plongés dans la peine et, contre toute logique sans doute, encore dans l'espoir fou d'un avenir pour ma petite nièce et alimenter mon blog m'était un dérivatif non plus seulement utile mais indispensable.

Petite Mère, tu n'es pas devenue centenaire. Tu auras vécu près de quatre-vingt-neuf ans des joies et de grandes peines. cette peine-là t'aura été épargnée.

Et tu sais quoi, il y a encore dans Paris des kiosques à musique et même qu'ils servent parfois à y abriter des orchestres le temps d'un concert.


Petite mère
Quand ta main prenait la mienne
le monde pouvait s'écrouler
tu étais mon refuge suprême
ma sécurité.
Je te voulais magicienne
mon monde s'était écroulé
tes mots ne pansaient plus mes plaies.
Ma peine muette te bousculait.
Quand tes mots sont devenus muets
j'ai maudit ma candeur cruelle
à te croire surhumaine
à te penser immortelle.
Quand tu as déposé les armes
contre la vie qui s'en allait
ta main dans la mienne
d'une dernière caresse
m'a murmuré
"il est temps que tu me laisses".
Tu étais apaisée
nos âmes enfin à l'unisson
pour ta dernière leçon**.
Jeanne Fadosi, dimanche 9 avril 2017
pour miletune  image 2017-15

Et pour ceux qui pourront l'écouter, Linda Lemay, La centenaire

4 commentaires:

  1. J'aime Linda Lemay... tu as raison, elle est sans doute la seule à pouvoir évoquer certains sujets avec délicatesse et émotion.
    Merci pour cela...

    Et merci pour ces souvenirs partagés, pour ce poème magnifique qui m'a mis les larmes aux yeux.

    Maman n'aura pas été centenaire, loin de là... elle me manque toujours autant.

    Passe une douce journée. Je t'embrasse fort.

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  2. Je comprends, Jeanne ... Il y a 100 ans, cela semble si lointain pour beaucoup, mais pas pour moi ni pour toi.
    Mon papa aurait eu 100 ans il y a peu, et maman, 97 !
    Que d'événements en 100 ans ...Il faudrait tellement que "la mémoire" passe.
    Gros bisous. Francine (Clio)

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  3. Linda Lemay une artiste toute en délicatesse et juste émotion , j'aime beaucoup .Magnifique poème qui me rappelle oh combien l'amour qui lie une mère et sa fille . Voilà quatre ans que maman s'en est allé , trois ans ientôt aussi pour papa et ils me manquent toujours autant tous les deux .
    Bisous

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