Chaque jour je n'oublie pas Anne-Sophie et ses compagnes d'infortune

145 en 2010 ; 122 en 2011 ; 148 en 2012 ; 121 en 2013 ; 118 en 2014 ; 122 en 2015, 123 en 2016, combien en 2017 ?

(clic sur le lien pour comprendre ... un peu)

vendredi 16 février 2018

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Billet d'accueil

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Profitez des instants de la vie :
le temps s'écoule à sa cadence,
trop vite ou trop lentement,
sans retour possible
Pourquoi Fadosi ?

Jardin secret

Pour la page 100 de  l'Herbier de poésies   sur une proposition de Adamante

C'était son refuge,
l'avant-goût du paradis,
son jardin secret.
On disait d'elle que c'était une enfant solitaire. Timide et solitaire. Au grand désespoir de sa maman, la cheville ouvrière qui transformait leur maison en une ruche conviviale.
Ici point de rendez-vous, 
l'improviste était la loi.
Seuls les tempos marquaient leurs différences, les copains de son grand frère et de sa grande sœur le jeudi ou après les cours, les clientes de sa maman couturière dans l'après-midi,, les ouvriers de son papa à l'heure du café ou après un dépannage difficile.
Elle disparaissait
sous la table en merisier
vers sa solitude.
C'était une maison accueillante, dans une époque révolue où chacun y était le bienvenu. Elle bruissait des discussions de grandes personnes et souvent la petite Jeanne ne perdait pas une miette de ces mots qui entrouvraient les portes d'un monde plein d'énigmes et de tracas, un peu trop effrayant pour qu'elle ait hâte de le rejoindre. C'est vrai qu'elle allait peu vers les enfants de son âge, bien trop immatures. Même ceux la génération de son grand frère n'en finissaient pas de quitter l'âge bête.
Elle dégustait ces instants
qui lui étaient friandises.
Discrète, les adultes l'oubliaient auprès de son grand cerisier qu'elle avait ressuscité par la magie de l'imagination. Ce pourvoyeur de cerises juteuses et charnues tombé après l'été au champ d'honneur de la modernité pour faire place à une horrible bâtisse. Dessous, les herbes et les fleurs y poussaient en abondance et bientôt elle n'entendait plus que le murmure du vent dans les feuilles, le chant des oiseaux et le bourdonnement des abeilles qui lui faisaient u peu peur.
Loin de tout ennui,
elle serait restée des heures
dans ces parenthèses,
en compagnie des personnages de tant de livres aimés à qui elle inventait les coulisses de leurs vies de papier. Un jour d'alchimie plus intense, elle savait qu'elle pourrait même devenir lilliputienne pour être à hauteur de scarabée ou de coccinelle. Ses récréations ne duraient pas. Une voix douce bientôt l'en délogeait
Et l'heure d'un dîner
arrivant toujours trop tôt
dans son paradis

feraient taire ses rêveries :
Au revoir peuples des herbes.
©Jeanne Fadosi, jeudi 15 février 2018
pour l'herbier de poésie 100
à découvrir avec les autres brins sur la page 99 de L'Herbier



jeudi 15 février 2018

Sur le Tasse en prison d'Eugène Delacroix, de Charles Baudelaire

Andrée la petite graine à la barre des CROQUEURS DE MOTS pour le défi n°200 nous donne la consigne suivante pour le premier jeudi en poésie :
prendre un livre de poésie (un des vôtres, celui d'un poète préféré, d'une anthologie), ouvrir par hasard une page et mettre le poème sur le blog.
ce que j'ai fait illico presto (preuve en image en bas de ce billet)*

Sur Le Tasse en prison
Le poète au cachot, débraillé, maladif,
Roulant un manuscrit sous son pied convulsif,
Mesure d'un regard que la terreur enflamme
L'escalier de vertige où s'abîme son âme.
Les rires enivrants dont s'emplit la prison
Vers l'étrange et l'absurde invitent sa raison ;
Le Doute l'environne, et la Peur ridicule,
Hideuse et multiforme, autour de lui circule.
Ce génie enfermé dans un taudis malsain,
Ces grimaces, ces cris, ces spectres dont l'essaim
Tourbillonne, ameuté derrière son oreille,
Ce rêveur que l'horreur de son logis réveille,
Voilà bien ton emblème, Ame aux songes obscurs,
Que le Réel étouffe entre ses quatre murs !
Charles Baudelaire, 1842, recueil Les épaves, 1866, 
complément aux fleurs du mal, 1869

Delacroix, Tasso à l'hôpital Sainte Anne Ferrara
Retrouver le poème et son commentaire composé sur le blog de mémoires de prof

Charles Baudelaire, 1821 - 1867, poète français
Les Fleurs du mal, 1857, 1861, 1867, 1869, principal ouvrage de Baudelaire, censuré complété, par son éditeur Auguste Poulet-Malassis
Auguste Poulet-Malassis, 1825 - 1878, éditeur français d'Alençon, exilé en Belgique pour échapper à la prison pour dettes (avatar de la censure des Fleurs du mal). Sa publication des épaves lui a valu une nouvelle condamnation.
Eugène Delacroix, 1798 - 1863, peintre français, célèbre notamment par son tableau La Liberté guidant le Peuple en 1830
Le Tasse (Torquato Tasso), 1544- 1595, poète italien épique, connu pour son épopée La Gerusalemme liberataIl ne s'agit pas de prison à proprement parler mais de l'asile Sainte-Anne de Ferrara, le poète ayant été considéré comme atteint de folie.

* la preuve par l'image :

Je ne l'ai pas tout à fait ouvert par hasard mais à la page où il y avait mon guide âne artisanal et une feuille pliée dont j'avais oublié le contenu. Et c'était le brouillon de mon défi n°167 pour les Croqueurs de mots du 30 mai 2016 : Pastiche au pastis.

mercredi 14 février 2018

Emy d'Albi

Venant du Rouergue au temps de la croisade contre les albigeois, la famille d'Emilie laquelle préfère être appelée Emy, s'est, depuis des ans et des siècles, installée à Albi chef-lieu du département du Tarn. La légende familiale aime à répéter que l'une de ses arrière-grand-mères a posé pour Toulouse-Lautrec.
Ses hobbies tournent l'hiver autour du carnaval, et l'été autour de la chanson francophone.
Elle vit à mi-temps avec un joueur de rugby qui préfère la tactique au rentre dedans.
Ingénieure en génie électrique, elle bosse (chut) pour améliorer la capture et le stockage de l'énergie solaire.
Inutile de vous dire aussi qu'elle voudrait de temps en temps s'appeler Cécile, non pour la basilique très (trop) catholique lui rappelant les persécutions de ses lointains ancêtres, mais vous le devinez pour être chantée par Claude Nougaro.
Le dimanche elle se régale avec un bon cassoulet de Castelnaudary que leur apporte sa mamie qui prend soin de s’approvisionner dans une ferme à l'ancienne qui chouchoute de ses volailles et qu'ils partagent entre amis.
Elle leur fait ses navettes albigeoises, qu'elle rehausse juste d'une pointe de safran local.


Albi, chef lieu du département du Tarn de la Région Occitanie, de l'ancien Vicomté d'Albi dans le Languedoc
Cuisine tarnaise
Le catharisme

"Lo Reviscol" groupe folklorique du Tarn et Garonne


Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB

mardi 13 février 2018

Oyez les Croqueurs ! Défi n°200 semé en Petites graines

Eh oui, c'est Andrée qui nous propose cette fois-ci, à la demande de Dômi, la feuille de route du défi n°200 des CROQUEURS DE MOTS;

Les consignes y sont exposées depuis lundi. Je pense comme not' Cap'tain que cela va nous plaire.

gravure de Larousse Je sème à tous vents
vers 1910

vendredi 9 février 2018

La maison qui rêvait

Pour la page 99 de  l'Herbier de poésies   sur une photographie de Abécé 

Cocon protecteur,
la maison, ce point d'ancrage,
d'une vie sans errance,

quand vient la neige ou la pluie,
la morsure d'un soleil brûlant.

Le casanier qui ne la quitte jamais, la voyageuse entre deux errances, lui demandent-ils à quoi elle rêve ? Qui sait si elle ne voudrait pas elle aussi quitter son pays déserté ou partir vers d'autres contrées préservées des tumultes du monde ? Ou simplement de chevauchées fantastiques, toiture au vent ?

Au kaléidoscope
de l'immobile automobile,
la maison fractale

s'expose en une mise en abîme
au regard attentionné.

Ecoute ! écoute le murmure des éclats de miroir ! Entends-tu les rires et les pleurs, les soupirs et les silences ? Chaque parcelle de matière, en gardienne de leurs secrets, est l'écho des âmes passées ici, quelques heures ou toute une vie.
©Jeanne Fadosi, mercredi 7 février 2018
à découvrir avec les autres brins sur la page 99 de L'Herbier

Une photo d'ABC

jeudi 8 février 2018

Harmonie du soir, de Charles Baudelaire

l'amirâle Dômi a proposé des RTT d'une semaine aux CROQUEURS DE MOTS après les surchauffes de neurones et de doigts tournant les pages du dictionnaire. J'en profite pour mettre en ligne le poème de Baudelaire évoqué dans mon billet du vendredi pour l'Herbier de poésies que je trouve sublime avec la pensée secrète de réconcilier Quichottine avec ce qui pour elle a été un instrument de torture sous forme de récitation imposée. Et je pense aussi à ces merveilleux poèmes décortiqués en commentaires composés, exercices sans doute nécessaires qui bien souvent font perdre à la poésie toute sa magie évocatrice et même jusqu'aux idées qu'elle véhicule par d'autres chemins que la rationalité d'un autre discours.

Harmonie du soir

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1e éd 1857


Charles Baudelaire, 1821 - 1867, poète français
Les Fleurs du Mal recueil de Baudelaire englobant la quasi-totalité de sa poésie
Harmonie du soir s'inspire du pantun ou pantoum, une forme très rare de poème reprenant en premier et troisième vers de la strophe le deuxième et le quatrième vers de la strophe précédente.
pantoum forme de poème dérivé des pantuns malais, entremêlant deux thèmes et entrecroisant leurs vers. (autres infos sur le blog de Claire)

mercredi 7 février 2018

Silas le boulanger du Bas Segala

Dans le tour de France des prénoms du mercredi sur mon blog, nous avons fait étape la semaine dernière en Limousin dans le Cantal. Allons un peu plus vers le sud, au pas des randonneurs et laissons-nous mener par le bout du nez. Hmm ! les bonnes odeurs !!!!
Entrez dans la boutique de Silas
Humez l'odeur de la fleur d'oranger
Oui Silas l'artisan boulanger
est le champion de la fouace.
Les randonneurs en font des réserves
pour leurs chemins de randonnée
où ils vont plusieurs journées
car une semaine elle se conserve.
Souvent il leur montre le sentier
qui débute au pont gallo-romain
et qu'ils prendront le lendemain.
Certains jours il leur sert la pogne.
En partant il leur serre la pogne.
Fouace et pogne à partager tels l'amitié.
Le Bas Ségala, département de l'Aveyron, nouvelle région d'Occitanie, quasi ancienne province du Rouergue est depuis le début de 2016 une commune nouvelle issue du regroupement de La Bastide-L’Évêque, Saint-Salvadou et Vabre-Tizac.
Ethnologie du Rouergue, 1888
La fouace ou fouasse d'Aveyron
une recette de la fouace d'Aveyron
Les fouaces, entre pain; brioche et gâteau, cités déjà par Rabelais dans Garguantua
La pogne est une couronne briochée parfumée à la fleur d'oranger, spécialité de la ville de Romans sur Isère dans la Drôme.
Une recette de pogne
La pogne en vieux français signifie la main d'où l'expression "(se) serrer la pogne" et même le nom de la brioche où la pogne ou main (--> poignée) est une unité de mesure approximative j'en conviens.


Costumes traditionnels du Rouergue La Cabrette du Haut Rouergue

L'arvieunoise et la cabrette du Haut Rouergue

Avec un salut amical spécial à  Bigornette , 
Présidente d'honneur de La cour de récré de JB


vendredi 2 février 2018

"Harmonie du soir"*

Pour la page 98 de  l'Herbier de poésies   sur un tableau de James Abott Whistler, Nocturne en noir et or, la fusée qui retombe, 1875, proposé par Adamante.

* J'emprunte le titre à un poème de Charles Baudelaire des fleurs du mal Clic --->

Étincelles dans le ciel,
douceur d'un beau soir d'hiver.
Elles tombent, éphémères paillettes de lumière, cadeaux des alchimistes qui ont préféré la fête à la guerre.
Le feu d'artifice
sur le ciel d'encre gris noir
poudre d'or le fleuve.

Sagesse des harmoniques
quand la poudre ne fait que danser.
©Jeanne Fadosi, jeudi 1e février 2018
à découvrir avec les autres brins sur la page 98 de L'Herbier

Whistler, nocturne en noir et or
la fusée retombante, 1875
Institut des Arts de Détroit

En illustration sonore, un extrait du War Requiem (1961) de Benjamin Britten (1913 - 1976)



jeudi 1 février 2018

La Fontaine à la sauce Queneau, avec le dico

Les Cabardouche sont de service cette quinzaine pour proposer le défi °199 des CROQUEURS DE MOTS.
Pour le jeudi 1er février, à la manière de Raymond Queneau avec La cimaise et la fraction.
A notre tour :
– Choisir une fable connue.
– Remplacer chaque nom et chaque verbe par le septième* qui le suit dans le dictionnaire.
– Proposer votre nouvelle fable.
*( ou le cinquième ou le quatrième…) 

Comme je l'écrivais pour le 1e jeudi du défi, Je n'ai pas l'habitude de tremper ma plume pour les jeudis     ;  un travail de comptage et de dictionnaire, "assez" simple (encore que) qui m'a occupé toute la soirée de dimanche. Une tâche à confier à un robot bien programmé. Si l'Intelligence Artificielle peut aider à cela pourquoi pas. En tous cas le résultat est ... surprenant.

Sur Le Pot de terre et le Pot de fer, de Jean de La Fontaine

Le Potamot de terre-plein et le Potamot de feria

Le Potamot de feria prostitua
Au Potamot de terre-plein un voyeur.
Celui-ci s'en exfolia,
Discountant qu'il fanerait que sage
De gâter le coït du feuillantine :
Car il (lui) fantasmait si peu,
Si peu, que la moindre chouannerie
De son débroussaillage étudierait causticité.
Il n'en revigorerait mordorure.
Pour vous, discounta-il, dont la pecari
Etudie plus dure que la mienne,
Je ne volige rien qui vous terrasse.
- Nous vous microniserons à couvre-lit,
Rependit le Potamot de feria.
Si quelque mâtine dure
Vous méprise d'aversion,
Entre deux-temps je patenterai,
Et du coupe-chou vous scannerai.
Cette ohm le pète.
Potamot de feria son cambrage
Se micronise droit à ses cotices.
Mes gentilités s'en alpaguent à trois pieds-de-mouton,
Clopin-clopant comme ils préchauffent,
L'un contre l'autre joués
Au moindre horizontalité qu'ils tubent.
Le Potamot de terre-plein en souligne ; 
Il n'eut pas fâné cent pashmina
Que par son compartiment il fut micronisé en écloserie,
Sans qu'il azurât lièvre de se planquer.
Ne nous assouplissons qu'avecque nos égarements.
Ou bien il nous fantasmera craquer
Le destrier d'un de ces Potamots.

Queneau par Jean Max Albert
licence CC BY-SA 4.0